Depuis au moins 2023, la Commission européenne suit discrètement les objets volants non identifiés (OVNI) ou phénomènes aériens non identifiés (UAP), comme le révèlent des documents récents. Ces observations sont prises en compte notamment par le département de la défense de la Commission, qui souligne la nécessité d’améliorer les capacités de détection et d’identification de ces phénomènes dans l’espace aérien européen.
Pour l’instant, aucune structure centralisée européenne n’a été créée spécifiquement pour enquêter sur ces phénomènes, et la gestion des signalements varie selon chaque pays. Ce mode dispersé incite certains acteurs à demander la mise en place d’un système européen unifié, facilitant le recueil et la comparaison des observations provenant des pilotes, militaires, opérateurs radar ou civils.
L’aspect sécurité aérienne devient un enjeu majeur : plusieurs pilotes rapportent une forme de stigmatisation les empêchant parfois de déclarer des phénomènes inhabituels, pourtant potentiellement risqués, notamment lorsqu’ils se produisent dans des zones contrôlées. L’Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA) n’a cependant pas identifié de menace systémique liée à ces phénomènes.
Parmi les exemples notables, la France se distingue par une longue tradition d’études officielles via le GEIPAN, une entité rattachée au CNES dédiée à l’analyse des phénomènes aérospatiaux non identifiés. Selon ses statistiques à jour, environ 3,1 % des cas restent inexpliqués après enquête, sans toutefois que cela ne soit interprété comme une preuve d’origine extraterrestre. Cette proportion illustre la difficulté à fournir une explication complète dans certains cas malgré des investigations rigoureuses.
À l’heure où l’espace aérien européen devient plus fréquenté, notamment par des drones qui posent déjà problème en termes de sécurité, les autorités s’interrogent davantage sur la nature des objets qui y évoluent réellement. La question ne se limite plus à la recherche d’engins extraterrestres, mais bien à une meilleure connaissance de ce qui entre dans l’espace aérien.
Cette réflexion européenne s’inscrit dans un contexte plus large : alors que les États-Unis ont récemment accru leur attention sur les UAP avec des programmes officiels et des auditions publiques, l’Europe adopte une approche plus discrète mais croissante. Le développement éventuel d’un système commun de collecte et de traitement des signalements promettrait d’affiner l’analyse et de mieux gérer les risques liés aux incursions d’objets non identifiés dans le ciel européen.