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Le Pays de Galles a très peu connu de procès et d’exécutions pour sorcellerie par rapport à d’autres régions d’Europe occidentale entre le 15ᵉ et le 18ᵉ siècle.

Alors que l’Europe, frappée par une véritable panique satanique, exécutait environ 200 000 prétendues sorcières (dont 500 en Angleterre), seules 37 accusations ont été recensées au Pays de Galles. Parmi elles, seulement 8 personnes furent reconnues coupables et 5 exécutées.

Les cinq exécutions majeures incluent :

  • Gwen ferch Ellis (1594) : guérisseuse et vendeuse de potions, elle fut condamnée principalement pour avoir prétendument ensorcelé un noble, Lewis ap John, décédé peu après.
  • Lowri ferch Evan, Agnes ferch Evan et Rhydderch ap Evan (1622) : ces trois frères et sœurs ont été accusés d’avoir ensorcelé Margaret Hughes et sa fille Mary, qui souffraient de graves maladies – interprétées à l’époque comme le fait d’une malédiction.
  • Margaret ferch Richard (1655) : dernière sorcière exécutée pour avoir été jugée responsable de la mort d’une femme après une maladie.

Contexte culturel et religieux

Contrairement à l’Angleterre protestante, le Pays de Galles était majoritairement catholique et imprégné de traditions druidiques et celtiques. La sorcellerie était souvent considérée comme partie intégrante des pratiques quotidiennes, et il n’existait pas de terme gallois natif pour désigner la « sorcière » au sens négatif utilisé ailleurs.

La peur des sorcières fut essentiellement un phénomène anglais, d’autant plus que les procès gallois relevaient des tribunaux criminels civils et non des cours ecclésiastiques. Ces tribunaux appliquaient les lois coutumières galloises, basées sur la compensation des victimes plutôt que sur la punition des coupables, ce qui limitait la sévérité des sanctions contre les accusés de sorcellerie.

Dans le même temps, les tribunaux gallois étaient surtout occupés à lutter contre le vol important de bétail, une infraction extrêmement punie (notamment par des exécutions), ce qui déviait leur attention des accusations de sorcellerie.

À travers ces différentes particularités culturelles, religieuses et juridiques, le Pays de Galles s’est retrouvé comme un havre relatif pour les guérisseurs, charmeurs et « sorciers » qui auraient été persécutés ailleurs.

Sources : spookyisles