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Painswick, charmante ville des Cotswolds en Gloucestershire, est au cœur d’une tradition qui mêle histoire, paganisme et folklore. Dès le 18e siècle, Benjamin Hyett (1708-1762), marchand prospère, a introduit une fête célébrant Pan, le dieu païen des bergers et de la nature, rappelant la romaine Lupercalia. Lors de ce festival, une statue de Pan était portée en procession tandis que des habitants scandaient « Highgates! Highgates! », expression possiblement dérivée de « aig aitis » signifiant « amoureux des chèvres ».

Selon un témoignage de 1787, Robert Raikes, fondateur des écoles du dimanche, dénonçait la débauche, la boisson et le désordre qui accompagnaient ces festivités, au point d’avoir inspiré son engagement religieux. Historiquement, Painswick organisait déjà chaque printemps ce qui était appelé « Feast Sunday » bien avant Hyett.

Origines et renvois au paganisme
Le nom même de Painswick laisse entrevoir un passé païen. Malgré que la ville doive son nom officiel à Payne Fitz John, un seigneur normand décédé au 12e siècle, « Payne » dériverait du latin « paganus », signifiant « païen », et « wick » du vieil anglais « wic », signifiant un lieu à usage spécial. Ainsi, certains considèrent « Painswick » comme « terre païenne ».

Dans les environs, des noms de lieux tels que Paganhill, Bacchus (ferme), Puckshole ou Jack’s Green évoquent des aspects païens et folkloriques, rappelant l’influence de divinités comme Pan et des figures festives comme Jack-in-the-Green ou Puck.

Benjamin Hyett et sa cour auraient même pratiqué des rites libertins autour du temple dédié à Pan avec une statue surplombant un bain extérieur, désormais disparu.

Déclin et reprises du culte de Pan
La tradition semblait s’être arrêtée dans les années 1830, mais ressuscitée en 1885 par le vicaire W.H. Seddon, qui plaça la statue de Pan près de l’église St Mary’s, convaincu que ces rites remontaient à l’époque romaine, appuyé par la présence de mosaïques païennes à proximité.

En 1950, le nouveau vicaire Reginald Jackson fit enterrer la statue, mais elle fut ultérieurement exhumée et réinstallée dans les jardins de l’ancien domaine de Hyett, témoignant de cette ambiguïté entre religieux et paganisme.

Traditions encore vivantes
Painswick conserve une Clypping Ceremony, cérémonie traditionnelle où les enfants encerclent l’église dans une sorte d’« étreinte païenne », suivie par la dégustation de « Puppy-Dog Pie » accompagnée d’une sauce « Bow Wow Wow », noms qui n’ont rien à voir avec des chiens réels, bien que dans l’Antiquité, des sacrifices canins en l’honneur de Pan aient eu lieu.

Des témoignages modernes évoquent encore des rituels occultes et des actes de vandalisme dans la région, autour des églises et sur les terres environnantes, laissant penser que ces traditions ont toujours des partisans dont l’identité semble connue localement.

Pan dans la culture locale et littéraire
Painswick a inspiré « The Blessing of Pan » (1927), récit de Lord Dunsany, dans lequel un garçonnet découvre la musique de Pan et transforme son village anglais en une communauté païenne vivante.
De plus, la figure de Pan continue d’alimenter la fascination, évoquée dans des œuvres littéraires et musicales, et reste un symbole symbolique d’un retour aux racines spirituelles primitives selon certains commentateurs.

Sources : paranormaldailynews