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Venise est connue pour ses nombreux récits et légendes, notamment ceux liés à son célèbre marchand et explorateur Marco Polo. Selon une légende persistante, la princesse mongole, épouse supposée de Marco Polo, hanterait encore certains lieux de la cité des doges.

Après ses longs voyages sur la route de la soie au service du puissant Kublai Khan, Marco Polo revient à Venise vers la fin du XIIIe siècle. Il ramène avec lui une femme originaire de la cour mongole, souvent décrite comme une princesse. Cette dernière, mal intégrée dans la Venise de l’époque, aurait souffert d’un profond mal du pays.

La légende raconte que, alors que Marco Polo est emprisonné à Gênes en 1298, sa belle-sœur jalouse lui annonce faussement la mort de son mari. Accablée par cette douloureuse nouvelle, la princesse se serait suicidée en s’immolant dans un canal vénitien. Depuis, certains affirment entendre sa voix douce entonner des chants dans sa langue natale, voire apercevoir une silhouette fantomatique portant une petite bougie, en quête de son orient natal jamais retrouvé.

Cependant, la réalité historique semble moins évidente. Il est en fait documenté que Marco Polo a épousé Donata Badoer, une Vénitienne, après sa libération en 1300. Tous deux ont eu trois filles et leur mariage a duré 24 ans. L’existence même de cette fameuse épouse mongole est donc remise en question.

Le mythe pourrait provenir d’une confusion liée à une mission que le père et l’oncle de Marco Polo auraient effectuée : escorter une princesse mongole se rendant à son mariage avec un prince perse. À l’arrivée, ce dernier était déjà décédé, donnant lieu à diverses rumeurs mêlant Marco Polo à cette histoire.

Le quartier où résidait la famille Polo, Corte del Milion, a depuis été en grande partie transformé. Un théâtre, le Malibran, y a été construit. Des fouilles ont permis de découvrir des vestiges de l’époque, sans que des preuves concrètes relatives à une princesse mongole n’aient été mises au jour.

Ainsi, si les récits captivants du fantôme de la princesse mongole continuent d’alimenter l’imaginaire collectif et les promenades nocturnes à Venise, la frontière entre histoire et légende reste floue.

Sources : moonmausoleum