Le Royaume-Uni regorge de superstitions que beaucoup adoptent sans y réfléchir. Parmi les plus répandues figurent toucher du bois pour conjurer le sort, éviter de passer sous une échelle ou craindre les conséquences de casser un miroir.
Toucher du bois est une pratique fréquente après avoir évoqué une chance ou un événement positif. Ses origines restent incertaines, certaines théories évoquant des croyances antiques selon lesquelles les arbres abriteraient des esprits ou forces surnaturelles. D’autres associent ce geste au bois de la Croix chrétienne, bien que cette hypothèse manque de preuves solides. Quelle qu’en soit la racine, cette habitude perdure aujourd’hui comme un rituel de protection contre le mauvais sort.
Passer sous une échelle est considéré comme malchanceux, souvent expliqué par le fait que l’échelle forme un triangle rappelant la Sainte Trinité, qu’il serait irrespectueux ou dangereux de traverser. Des liens ont aussi été suggérés avec les échelles utilisées lors des exécutions publiques, accentuant leur association funeste. Une raison plus pragmatique rappelle qu’on risque simplement de recevoir un objet tombant de l’échelle.
Casser un miroir est réputé porter sept ans de malheur. L’origine remonte à la croyance que le reflet renvoie non seulement une image mais aussi l’âme d’une personne. Le chiffre sept correspondrait aux cycles de renouvellement du corps ou de la vie humaine, impliquant une réparation progressive des dégâts spirituels sur sept ans. Néanmoins, le principal désagrément reste le risque de blessure physique causée par les éclats.
Les chats noirs ont une réputation ambivalente : dans certaines régions britanniques, ils portent chance, notamment pour les mariées ou les marins, tandis qu’ils sont aussi liés à la sorcellerie et considérés parfois comme des familiers maléfiques.
Jeter du sel par-dessus l’épaule gauche est un remède courant pour contrer la malchance liée au fait d’en renverser. Cette pratique serait destinée à aveugler ou chasser le Diable, supposé se cacher sur cette épaule selon les traditions européennes.
Ouvrir un parapluie à l’intérieur est également évité, évoquant des croyances anciennes liées au respect des esprits protecteurs ou simplement un conseil pratique contre les accidents domestiques.
Le vendredi 13 combine la réputation malchanceuse du vendredi, jour de la Crucifixion dans la tradition chrétienne, et du chiffre 13, considéré sombre en raison de la présence de treize convives au Dernier Repas. Cette association est surtout populaire depuis le XIXe siècle.
Poser des chaussures neuves sur une table est un autre acte évité, souvent relié aux rites funéraires où les bottes de mineurs décédés étaient placées ainsi, bien que l’origine soit floue.
Dire « lapins » ou « lapins blancs » le premier jour du mois est censé attirer la chance, avec des variantes quant au moment précis de la formule, montrant comment les superstitions évoluent et s’adaptent dans les familles.
Croiser les doigts reste un geste universellement reconnu pour porter chance, probablement lié à la forme de la croix chrétienne, facile à faire en toutes circonstances.
Dans l’ensemble, ces croyances survivent par transmission orale et donnent un sentiment de maîtrise face à l’incertitude. Que toucher du bois ou éviter certaines actions change vraiment la chance reste incertain, mais ces rites continuent d’accompagner notre quotidien.