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Pontianak, capitale de la province du Kalimantan Ouest en Indonésie, doit son nom à un spectre terrifiant localement appelé Pontianak ou Kuntilanak dans d’autres régions d’Indonésie. Cette entité fantomatique est réputée pour être un esprit vengeur d’une femme morte en couches ou enceinte, qui hante les zones forestières, notamment parmi les bananiers et les figuiers banian, prêts à sucer le sang de ses victimes comme une sorte de vampire.

Fondée en 1771 par Syarif Abdurrahim au bord du delta du fleuve Kapuas, Pontianak était à l’origine un village de pêcheurs stratégique sur la route commerciale fluviale. Ce lieu, cependant, avait une réputation de terres hantées, peuplées par ces spectres effrayants du fait des nombreux sons et perturbations mystérieuses provenant de la jungle dense environnante. Pour éloigner ces esprits, Abdurrahim fit tirer des canons et déracina les arbres pour limiter leurs cachettes avant d’établir une mosquée et un palais, qui devinrent le centre du sultanat de Pontianak.

Aujourd’hui, bien que la ville soit intégrée à la République d’Indonésie et qu’elle possède une culture métissée, la légende du Kuntilanak demeure très présente. Dans le passé, des festivals annuels incluaient le tir de canons en bambou symboliquement destinés à chasser le fantôme. Ces pratiques ont disparu sous la période du Nouvel Ordre mais subsistent partiellement à travers des festivités liées à la fin du Ramadan où des canons spéciaux en bois sont tirés.

Un débat récent a opposé les habitants à propos d’un projet de statue monumentale de la créature, proposée pour renforcer le tourisme. Une grande majorité de la population a manifesté son opposition, ne souhaitant pas glorifier ce personnage mythique, peut-être par peur de provoquer sa présence.

Le Kuntilanak reste ainsi un symbole fort de la ville, entre peur ancestrale et identité culturelle, incarnant la tension entre modernité et traditions mystiques en cette région de Bornéo.

Sources : moonmausoleum