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Au printemps 1821, la ville de Truro en Cornouailles fut le théâtre d’un étrange phénomène : une pluie de pierres s’abattit pendant six semaines sur certaines habitations, semant la peur et l’inquiétude parmi les habitants.

Truro, alors en pleine révolution industrielle, voyait cohabiter une population mêlant croyances ancestrales en fées, sorcières et fantômes, et une montée en puissance de la science et de l’industrie. C’est dans ce contexte que survint cette succession d’événements inexplicables, réveillant superstitions et peurs.

Le phénomène débuta dans une rue en pleine expansion, Carclew Street, où une maison utilisée comme dépôt d’armes pour un régiment militaire et la résidence de plusieurs officiers, furent prises pour cibles. Parmi les témoins, le sergent Thomas Ashburn, gravement blessé à la tête lors des guerres napoléoniennes, vit ses fenêtres se briser sous des jets de pierres dont l’origine resta inconnue malgré la présence de nombreux militaires et policiers.

Les pierres tombaient de façon intermittente, touchant seulement certains bâtiments et parfois même les forces de l’ordre venues calmer la situation. La rumeur de sorcellerie, de malédictions et d’intervention surnaturelle gagna rapidement les esprits. La peur était telle que des habitants se mirent à chasser une femme soupçonnée d’être une sorcière, selon une croyance locale qui voulait que prélever du sang à une telle personne l’empêche d’exercer ses pouvoirs.

Alors que la tension montait et que le sergent Ashburn sombrait dans une dépression sévère, incapable de supporter la situation, plusieurs incidents similaires survinrent dans le voisinage, avec objets volants et vitres brisées. Malgré une surveillance policière accrue, les jets de pierres continuaient.

Cependant, la véritable explication fut découverte lorsqu’on mit au jour que le jeune Thomas Jr, fils aîné d’Ashburn, avait lui-même lancé les pierres. Son aveu, fait le 10 mai 1821, révéla qu’il agissait pour se venger des sévices infligés par sa mère, qui le battait régulièrement. L’enfant se sentait abandonné par son père, peu protecteur, ce qui le poussa à intensifier ces attaques jusqu’à créer une psychose locale.

Ce fait divers clôtura la période troublée de la « pluie de pierres » à Truro, une histoire mêlant souffrance familiale, superstition populaire et le choc de deux mondes, celui de la tradition et celui de la modernité.

Sources : spookyisles