Le Radlsteg, ancienne passerelle piétonne de Munich enjambant le Katzenbach, une rivière dont le nom signifie littéralement « ruisseau aux chats », est au cœur d’une légende mystérieuse et troublante.
Selon le folklore local, cette rivière doit son nom à une coutume cruelle qui aurait été pratiquée autrefois : tous les chatons indésirables, en particulier les noirs, étaient noyés dans ses eaux. Il est dit que les âmes de ces animaux abandonnés et noyés vaguent encore dans les ruelles et rues adjacentes.
On relate même que lors des promenades, certaines jeunes filles et femmes seraient suivies par des chatons fantomatiques dans le quartier. Ces derniers disparaîtraient mystérieusement dès qu’on essaie de les caresser et n’accompagneraient que les dames, suivant leur trajet vers le centre-ville, en direction du cours souterrain de la rivière.
Le Radlsteg lui-même, autrefois caractérisé par un tourniquet appelé « Radl » (petite roue en bavarois) qui empêchait le passage des véhicules, a vu ses paysages et structures évoluer au fil des siècles. Le Katzenbach, divisé en deux branches dont l’Einschüttbach, a été modifié à plusieurs reprises, notamment recouvert et voûté au 19ème siècle, avec la destruction du pont élevé et la mise à niveau des rues.
Ces faits historiques entourent la légende qui continue à alimenter l’imaginaire et les témoignages liés à cette zone de Munich réputée pour son atmosphère étrange et ses récits de présences spectrales.
Une histoire qui traverse les siècles
Le Radlsteg a été mentionné dès le 1500s, et son histoire est illustrée dans une fresque réalisée en 1993 par Hans Wißmeyer, prolongement visuel d’une tradition orale riche en mystères. Malgré la transformation urbaine ayant recouvert l’Einschüttbach dès 1872, les récits de ces chatons fantômes subsistent, illustrant l’attachement des habitants au passé ésotérique de leur cité.