La civilisation aztèque a régné sur le centre et le sud du Mexique pendant plus de deux siècles, entre 1300 et 1541 après J.-C., développant une mythologie riche et complexe peuplée de centaines de divinités aux attributs variés.
Au cœur de cette cosmogonie se trouve Ometeotl, le dieu créateur suprême, dualiste, incarnant à la fois les aspects masculin et féminin. Installé dans le plus haut des cieux, Omeyocan, « le lieu de la dualité », il est la source de toute vie et père de quatre fils aussi créateurs, connus sous le nom des Tezcatlipocas, ou « miroirs fumants » – Quetzalcoatl, Tezcatlipoca, Xipe Totec et Huitzilopochtli – qui gouvernent les différentes ères du monde, symbolisées par cinq soleils successifs, dont nous serions aujourd’hui sous le règne du cinquième.
Quetzalcoatl, le dieu serpent à plumes, représente la vie, la lumière, la sagesse et la fertilité. Il est notamment le créateur du premier soleil et des premiers hommes, réalisés à partir des ossements des ancêtres et revivifiés par son sang, et est associé à Vénus.
Tezcatlipoca, dieu du miroir fumant, incarne les aspects de la nuit, la guerre, l’invisibilité et la providence. Patron des sorciers et guerriers, il crée le second soleil, qu’il dirige avant d’être délogé par Quetzalcoatl.
Xipe Totec, « notre seigneur l’écorché », est lié à la force et à la régénération, créateur de la troisième ère solaire qui se termine sous l’attaque de jaguars. Il symbolise également le printemps et la fertilité.
Huitzilopochtli, le colibri de guerre, dieu du soleil, du feu et de la volonté, est protecteur du peuple aztèque. Il crée le quatrième soleil, détruit par un déluge, et est associé au sacrifice et au sang.
Après la destruction du quatrième soleil, Quetzalcoatl et Tezcatlipoca tentent de créer un cinquième soleil à Teotihuacan. Quetzalcoatl s’y sacrifie totalement, devenant Tonatiuh, l’astre brillant, tandis que Tezcatlipoca devient la lune. Tonatiuh exige les sacrifices des autres dieux – et des humains – pour se mouvoir dans le ciel, d’où l’importance des rites sanglants dans la culture aztèque.
La déesse Coatlicue, mère de plusieurs dieux, notamment de Quetzalcoatl et Huitzilopochtli, incarne la terre, la vie et la mort. Représentée portant une jupe de serpents et un collier de cœurs humains, elle figure le cycle universel de création et destruction. Un mythe célèbre raconte sa grossesse miraculeuse par une boule de plumes, provoquant la jalousie et la rébellion de sa fille Coyolxauhqui et ses 400 frères, qui sont tués par Huitzilopochtli à sa naissance, symbolisant la lutte éternelle entre le soleil et la lune.
La chute de l’empire aztèque survient en 1521 face aux conquistadors espagnols menés par Hernán Cortés. Accueilli par l’empereur Motecuhzoma II, que certains prirent pour Quetzalcoatl revenu, Cortés captura la capitale Tenochtitlan après un siège de plusieurs mois, aidé par des maladies et des alliés indigènes. Les temples furent détruits et la culture aztèque supplantée, mais l’héritage mythologique et artistique persiste dans l’histoire mexicaine.
La mythologie aztèque, à travers ses divinités et leurs récits cosmogoniques, offre un regard profond sur la vision du monde, la nature du divin, et les racines spirituelles d’une civilisation fascinante.