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Le Cóiste Bodhar, connu en anglais sous le nom de Death Coach ou calèche de la mort, est une figure terrifiante du folklore irlandais. Cette entité sombre, tirée par des chevaux sans tête et conduite par un cocher lui aussi décapité, se manifeste la nuit pour venir collecter les âmes des défunts.

Selon la légende, cette calèche spectrale ne revient jamais vide. Son arrivée est toujours un présage certain de mort imminente. Ceux qui entendent le bruit de ses roues, le hennissement funeste des chevaux ou le claquement du fouet — un son porté par le vent nocturne — savent qu’une âme va être emportée.

Décrit comme un véhicule sombre et ancien aux lanternes vacillantes d’une lumière froide et surnaturelle, le Cóiste Bodhar se déplace souvent en flottant, enveloppé de brume. Le cocher, appelé le Dullahan ou Gan Ceann (sans tête en irlandais), conduit également un cheval noir avec grâce malgré son apparence macabre.

Cette calèche est parfois accompagnée par la banshee, ou Bean Sidhe, une femme fantomatique qui prévient certaines familles d’un décès proche par ses lamentations perçantes.

Histoires et témoignages abondent à propos du Cóiste Bodhar dans la campagne irlandaise. Par exemple, en 1806, une calèche sombre est entrée dans la cour d’une maison où un homme malade attendait un médecin ; les enfants ont vu passer cette entité, qui a disparu subitement avant l’arrivée réelle du docteur, quelques heures seulement avant que le patient décède.

Une autre histoire notable relate la nuit du 11 décembre 1876, lorsque le serviteur de la maison MacNamara a aperçu et entendu la calèche au cœur de la nuit. Il ouvrit précipitamment les trois grilles pour la laisser passer, puis la calèche continua sa route sans s’arrêter. Le lendemain, Sir Burton MacNamara mourut à Londres.

Un troisième récit, celui de Michael Noonan près de Ballyduff, décrit une apparition effrayante d’une calèche noire tirée par six chevaux sans tête près d’un moulin abandonné. Le lendemain, il apprit qu’un proche était soudainement tombé gravement malade, confirmant le passage de l’Óiste Bodhar comme présage funeste.

Selon les croyances populaires, cette présence funeste ne peut être empêchée. Elle défonce portes et fenêtres, franchit les barrières, et ceux qui cherchent à l’arrêter risquent la cécité ou une malédiction. Il est même dit que des victimes ont eu du sang projeté au visage après avoir ouvert la porte à la calèche.

Écouté depuis des siècles dans la campagne irlandaise, le Death Coach reste un symbole puissant de la mort inéluctable, hantant encore aujourd’hui l’imaginaire irlandais.

Sources : moonmausoleum