Le site d’Aubinger Lohe, situé à l’ouest de Munich, est une vaste zone boisée marquée par une élévation naturelle appelée Teufelsberg (la montagne du Diable), culminant à 541 mètres, la plus haute colline de la plaine de gravier de Munich. Ce sommet tient son nom d’un château aujourd’hui disparu, le Teufelsburg (le château du Diable), érigé au Moyen Âge.
Les vestiges d’une ancienne fortification, connue sous le nom de Aubinger Burgstall, peuvent encore être discernés sur un tertre entouré d’un fossé de trois mètres de profondeur. Ce château de bois avait été construit en 1158 par Henri le Lion, duc de Munich, pour contrôler la voie menant à Augsbourg. Les seigneurs d’Aubinger, probablement vassaux des ducs Guelfes, y établissaient leur résidence. En 1422, le château fut détruit lors d’une campagne de combat et abandonné, s’effaçant progressivement du paysage.
Plusieurs fouilles ont révélé qu’au sud et au sud-est d’Aubinger Lohe, des traces d’occupations remontant à l’âge du bronze, à l’époque celtique et romaine existent. Deux oppida celtiques sont également attestés, renforçant l’aspect historique riche du lieu.
La légende du château maudit est l’une des plus populaires associées à Aubinger Lohe. Selon une version, lorsque le seigneur féodal fut tué en forêt, sa veuve jeta une malédiction sur le bois et le château. Ce dernier se serait alors effondré, engloutissant trésors et murailles dans le Teufelsberg. Depuis, une dame blanche hante les lieux, errant à travers les bois à la recherche du trésor perdu. Une autre tradition raconte que le seigneur maudit le château avant de mourir, sa femme étant suspectée d’avoir participé à son assassinat. Cette seconde version conserve la présence de la dame blanche et du trésor caché.
Par ailleurs, un calvaire situé sur le chemin menant au site évoque des croyances populaires où des figures de feu apparaissent et menacent quiconque quitte le village après la messe du soir. Une prière fervente seule serait capable de dissiper ce mauvais sort.
Le nom Teufelsburg (château du Diable) pourrait provenir de ces légendes où le diable serait nécessaire pour retrouver le trésor, mais il est aussi suggéré qu’il dérive de termes locaux désignant des dépressions humides ou des étangs proches, rendant la désignation plus liée au paysage qu’au surnaturel.
Au-delà des ruines et des arbres, Aubinger Lohe continue de fasciner par son mélange d’histoire ancienne, de folklore et d’échos mystérieux, où passé humain et surnaturel semblent s’entremêler. La dame blanche, le trésor caché, les âmes errantes des anciens nobles entretiennent un imaginaire riche autour de ce lieu, qui représente un point important du patrimoine mystique bavarois.