La nature et l’origine de la conscience figurent parmi les questions les plus fascinantes et controversées de la philosophie et de la science. Chez l’être humain, la conscience se manifeste par la capacité à ressentir, expérimenter et réfléchir sur soi-même et sur les mystères de la réalité.
Une hypothèse explorée lors d’un récent atelier tenu à Marist College, New York, le panpsychisme, propose une vision selon laquelle la conscience n’est pas un phénomène rare ou émergent propre aux organismes complexes. Au contraire, elle serait une caractéristique fondamentale et universelle de la réalité, présente dans chaque particule et système.
Selon cette perspective, la conscience ne résulterait pas de l’agencement complexe de la matière, mais serait une propriété intrinsèque à la matière elle-même, comparable en nature à la masse ou à la charge électrique, intégrée dans le tissu même de l’univers.
Cette vision remet en question l’idée conventionnelle selon laquelle la conscience émerge uniquement de processus évolutifs ou computationnels et existerait essentiellement chez les formes de vie très développées.
Comme l’explique le philosophe Philip Goff, cela ne signifie pas littéralement que tout est conscient, mais que les constituants fondamentaux de la réalité, tels que les électrons et les quarks, possèdent des formes extrêmement simples d’expérience.
La conscience élaborée observée dans le cerveau humain ou animal serait donc une extension ou une dérivation de l’expérience des parties les plus fondamentales du cerveau.
Par « expérience », il faut entendre la perception du monde par différents moyens tels que le plaisir, la douleur, la vision, l’audition, ou encore le toucher.
Goff suggère également que la conscience pourrait s’éteindre à un certain moment, mais qu’il est plausible d’imaginer un continuum où la conscience décroît progressivement sans jamais disparaître complètement, s’étendant au moins jusqu’à la matière inorganique. Dans ce cadre, les particules fondamentales auraient des formes très simples d’expérience, correspondant à leur nature extrêmement élémentaire.