Harry Called est récitée comme une des histoires de fantômes les plus saisissantes, proche d’une nouvelle de M.R. James, mêlant une planche de Ouija, des appels téléphoniques mystérieux et la présence inquiétante d’un homme en tweed moustachu.
L’intrigue démarre en 1992 à l’université Royal Holloway, où Will, un étudiant sceptique, observe ses amis utiliser une planche de Ouija. Ils communiquent avec un esprit nommé Harry, qui semble s’intéresser spécifiquement à Will en épelant son prénom. Ce dernier, méfiant, trouve toutefois une inscription « Harry called » sur la porte de sa chambre universitaire et subit de nombreux appels téléphoniques angoissants, caractérisés par une voix masculine inconnue, confuse dans le temps et qui ignore ses questions, mais connaît précisément son numéro de chambre.
Plus troublant encore, un an plus tard, Will aperçoit à plusieurs reprises un homme mince à la moustache et vêtu de tweed, observant à travers des fenêtres verrouillées ou apparaissant près de sa voiture malgré une pluie battante sans être mouillé. Ces manifestations semblent le suivre jusque dans ses différents lieux de vie et de travail, culminant avec une scène terrifiante où l’homme entre dans sa chambre et s’assoit sur son lit, laissant Will paralysé jusqu’au matin.
Les spécialistes présents dans l’émission qui relate cette histoire proposent plusieurs analyses. Evelyn Hollow évoque la possibilité que des esprits manipulent les technologies modernes comme le téléphone pour communiquer, tandis que le psychologue Ciarán O’Keeffe suggère des explications telles que la paralysie du sommeil, des hallucinations ou la fatigue, bien qu’il admette qu’en absence d’un canular élaboré, le surnaturel reste une hypothèse plausible.
Cette histoire est particulièrement remarquée pour son déroulement dramatique et ses éléments classiques du récit fantastique : un sceptique confronté à une entité malveillante qui le hante sans répit, peu importe la distance. L’anonymat de Harry et ses motivations restent inexpliqués, renforçant l’aspect mystérieux et ambigu, un peu à la manière des récits de Robert Aickman.
Harry Called a séduit un large public, notamment sur les réseaux sociaux, et a même été recommandée pour une adaptation dans la tradition des Ghost Stories for Christmas de la BBC. Ce qui distingue ce récit, c’est son intensité narrative, la montée progressive de la menace et la combinaison rare d’une planche de Ouija avec une série d’appels téléphoniques issus de l’au-delà. Qu’on y voie une fiction ou une expérience vraie, l’histoire reste un exemple marquant de « cas Uncanny » qui mêle habilement peur et mystère, laissant le doute planer quant à la nature réelle des événements.