Gwrach y Rhibyn, souvent appelée la Sorcière de la Brume ou la Hag of the Mist en anglais, est une entité légendaire du folklore gallois qui incarne un présage funeste lié à la mort.
Cette figure mythique, à la frontière entre fantôme, créature et sorcière, est décrite comme une vieille femme décharnée, à la peau très pâle, aux traits tirés, les cheveux emmêlés tombant telle une algue sur ses yeux creux. Sa bouche, parfois dépeinte comme sanglante ou dégoulinante de sang, révèle des dents noircies ou des crocs vampiriques. Certaines traditions lui attribuent également des ailes de chauve-souris et des griffes capables de déchirer les âmes.
Un présage de mort : La Gwrach y Rhibyn est connue pour hanter les zones humides, notamment les rivières et les croisements, où elle se manifeste souvent dans la brume épaisse. On la décrit comme une âme ancienne, peut-être une déesse oubliée ou une fée maudite, réminiscence d’anciens cultes celtiques. Son cri strident, semblable à celui d’une banshee irlandaise, porte le nom de ses victimes et annonce soit leur propre mort imminente, soit celle d’un proche. Traditions racontent qu’elle ne hante que les personnes au sang gallois pur.
Manifestations et témoignages : La Gwrach y Rhibyn se ferait entendre bien plus qu’elle n’est vue, glissant à travers la brume ou effleurant les fenêtres de ses victimes. Un récit célèbre relate la rencontre d’un fermier près de Cardiff en 1877 : réveillé par un cri violent et des secousses à sa fenêtre, il observa une silhouette féminine hideuse aux longs cheveux rouges et à la robe noire volant dans les airs. Peu après, un aubergiste de longue date mourut mystérieusement.
Un autre témoignage situe la présence d’une Gwrach vampirique dans le hameau de Llyn-y-Guelan-Goch. Une vieille femme fut poursuivie par une flamme bleue qui se transforma en sorcière hideuse, la mordant au poignet et lui prélevant du sang, un trait rapprochant la légende des mythes vampiriques européens.
Une figure ancrée dans plusieurs lieux gallois : Des châteaux tels que St Donats, Pennard, Caerphilly et Beaupre comptent parmi les sites réputés hantés par cette entité. Les récits évoquent des cris nocturnes, l’apparition d’un spectre vêtu de vert, voire la vision d’une sorcière liée aux anciennes familles locales et aux traditions ancestrales.
Origines et symbolique : La Gwrach y Rhibyn serait une figure mêlée à la légende celtique, parfois assimilée à des divinités telles que Ceridwen ou Dôn, déesse de la création. Elle incarne la mort, la transformation et l’inspiration, et se manifeste souvent autour du festival de Calan Gaeaf, la veille de l’hiver selon le calendrier celtique. Elle est également associée aux Cyhyraeth, autres esprits annonciateurs de la mort dans le folklore gallois.
En résumé, la Gwrach y Rhibyn est une entité complexe, entre sorcière, spectre et vampire, qui signe dans le folklore gallois une présence terrifiante annonciatrice de la fin imminente. Que ce soit en brume ou en flamme, sa voix perçante résonne toujours comme un avertissement, un souffle glacial précédant la tombe.