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Lors de fouilles sur un sanctuaire antique situé sur une colline à Irschen, dans le sud de l’Autriche, les archéologues ont exhumé un pyx en ivoire fragmenté, richement sculpté et daté d’environ 610 après J.-C. Ce petit reliquaire chrétien, une rareté puisqu’une quarantaine d’exemplaires seulement sont connus mondialement, est la première trouvaille archéologique de ce type sur le territoire autrichien.

Les vestiges ont été découverts sous un autel en marbre scellé d’une chapelle latérale. Les chercheurs y ont trouvé des fragments d’ivoire déformés, des restes de charnières métalliques, ainsi que des morceaux de bois. Ce reliquaire était probablement le contenant le plus sacré de l’église, destiné à abriter une relique. Lorsque le site fut abandonné autour de 610, le pyx brisé fut déposé sur place puis scellé, offrant un instantané rare des pratiques chrétiennes anciennes.

Les sculptures gravées sur les panneaux préservés montrent des scènes bibliques hybrides inédites : d’un côté, une main divine jaillissant des nuages tend la Loi à Moïse, célèbre épisode de l’Ancien Testament, représenté avec un grand détail. Sur une autre face, un personnage est hissé vers le ciel sur une biga, un char à deux chevaux, guidé par cette même main divine. Cette image pourrait être une représentation unique de l’Ascension du Christ, bien que certains y voient aussi l’Elie montant au ciel. Dans tous les cas, elle symbolise l’union de l’Ancien et du Nouveau Testament sur un même objet portatif.

La fragile nature de l’ivoire, imbibé d’humidité depuis des siècles, empêche un remontage physique des fragments sans risque de dégâts. Des restaurateurs réalisent ainsi une reconstruction virtuelle en 3D pour restituer le pyx sans altérer son intégrité. Par ailleurs, des analyses matérielles sont en cours (isotopes stables, composition des métaux et identification du bois) afin de retracer les routes commerciales et les ateliers susceptibles d’expliquer la provenance de cet objet raffiné retrouvé dans une église alpine.

Ce pyx revêt une importance notable :

  • Sa rareté : très peu de pyxes en ivoire gardent un contexte archéologique documenté.
  • L’iconographie exceptionnelle : la scène d’ascension en char à deux chevaux n’a pas d’équivalent connu, reflétant peut-être une théologie locale ou l’artisanat d’un atelier jusqu’ici méconnu.
  • Le témoignage du christianisme en frontière alpine, juste avant des bouleversements majeurs autour de l’année 610 qui affectèrent la foi, la population et l’art dans la région.

Les chercheurs prévoient de publier prochainement un modèle numérique complet ainsi que des images haute résolution des gravures, augmentés d’études comparatives avec d’autres pyxes conservés en musées. Ces travaux devraient affiner la compréhension des scènes, du style de l’artisan et de l’origine possible — qu’elle soit nord-africaine, italienne ou d’autres centres antiques spécialisés dans l’ivoire — de ce reliquaire, retraçant ainsi des échanges culturels au-delà des frontières de l’Empire romain.

Sources : Anomalien