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Située dans la forêt de Lauterbach, près de Seeshaupt en Bavière, la chapelle de Pollingsried, souvent appelée chapelle de Weilheim, est entourée de nombreuses légendes liées à une ancienne épidémie de peste et à une supposée malédiction locale.

Un village disparu et une histoire de peste
Le hameau de Pollingsried, aujourd’hui déserté, comprenait autrefois plusieurs fermes autour de la chapelle dédiée à saint Georges et sainte Anne. Originaire d’un défrichement près de l’abbaye de Polling au Moyen Âge, le village a progressivement été abandonné au XIXe siècle, notamment après la dissolution de l’abbaye en 1803 et la pression fiscale imposée par le royaume de Bavière, qui força les habitants à vendre ou perdre leurs terres.

La chapelle joue un rôle central dans la mémoire collective de la région autour de la peste qui frappa la Bavière dans les années 1633-1634, lors de la guerre de Trente Ans. Elle abrite une fresque de saint Roch, protecteur contre la peste, ainsi que des inscriptions mentionnant plus de 300 victimes. Selon une tradition locale, les habitants domiciliés dans le voisinage de la chapelle avaient promis de célébrer chaque année une messe en l’honneur de saint Sébastien pour être protégés contre l’épidémie.

Les puits en pentagramme et les rumeurs de malédictions
Autour de la chapelle, cinq puits couverts de mousse subsistent, censés former un pentagramme, symbole protecteur dans la tradition catholique médiévale. Une légende locale prétend que les victimes de la peste furent jetées dans ces puits avant que des inhumations aient lieu à l’extérieur. Néanmoins, aucune preuve archéologique ou historique ne corrobore cette thèse, d’autant que ces puits servaient d’eau potable, ce qui rendrait improbable cet usage macabre.

Ces puits sont aujourd’hui scellés, et leurs origines alimente les récits de phénomènes paranormaux, tels que des apparitions fantomatiques, des cris dans la forêt, ou encore la présence d’un mystérieux chien noir aux yeux rouges. Cette créature est parfois décrite comme un animal maléfique, mais d’autres versions l’évoquent comme un guide pour les voyageurs perdus.

Histoires de fantômes, accusations et vandalisme
Plusieurs témoins ont rapporté des phénomènes étranges autour de la chapelle : apparitions de figures inquiétantes, croix inversées visibles à travers les fenêtres, bougies allumées la nuit, et hurlements qui mettent en garde contre une malédiction s’étendant sur un rayon de cinq kilomètres, coïncidant avec la portée des cloches.

Une sinistre légende raconte le meurtre d’une jeune fille – probablement une métaphore – accompagnée de son chien noir qui aurait dénoncé le coupable, parfois identifié à tort comme un prêtre. En réalité, aucun prêtre n’était attaché à la chapelle, et le seul incident tragique avéré est la chute accidentelle mortelle d’une jeune fille en 1701.

À cause de ces rumeurs persistantes, la chapelle fut victime de vandalismes notamment dans les années 1980, conduisant à une surveillance accrue et à une volonté des responsables de préserver ce lieu, malgré son isolement dans la forêt dense et ses accès difficiles malgré quelques panneaux et un parking à la ferme Tradfranz.

Une tradition toujours vivante
Chaque été, l’Annafest anime cet endroit avec une messe annuelle célébrée dans la chapelle, rappelant le vœu ancien des villageois et entretenant la mémoire d’une époque marquée par la peur de la peste.

Entre histoire, traditions pieuses et récits surnaturels, la chapelle de Pollingsried reste un symbole chargé d’émotions où passé tragique et folklore se mêlent profondément dans le paysage bavarois.

Sources : moonmausoleum