La Pierre de Londres, un bloc irrégulier de calcaire oolithique dont la fonction exacte demeure inconnue, suscite fascination et mystère depuis des siècles. Installée à l’origine sur Cannon Street, elle a été déplacée à plusieurs reprises, notamment en mai 2016 quand elle a quitté cette zone pour la première fois depuis des siècles, peu avant le vote du Brexit en juin 2016, évoquant une possible « malédiction » liée au destin de Londres et du Royaume-Uni.
Une histoire ancienne et mythique
La Pierre remonterait possiblement à l’époque romaine, voire au Néolithique, ou même aux druides. Longtemps considérée comme un symbole protecteur pour la ville, son nom de « London Stone » apparait pour la première fois au XIIe siècle, mais sa réputation est beaucoup plus ancienne. Selon la légende, le mythe de Brutus de Troie, fondateur mythique de la Grande-Bretagne, est lié à cette pierre, dite pierre fondatrice de la ville.
Des auteurs historiques et littéraires comme John Snow (1598), William Shakespeare (Henry VI, Part 2), William Blake, ou des chroniqueurs comme John Strype et Thomas Pennant, ont tour à tour évoqué son importance, allant de témoin de pouvoirs druidiques à symbole de la soumission royale lorsque les monarques médiévaux la frappaient de leur épée après leur couronnement.
Un symbole toujours présent dans la culture
Outre son rôle historique, la London Stone a une place dans la fiction moderne, apparaissant dans des ouvrages comme The House of Doctor Dee de Peter Ackroyd, Kraken de China Miéville, la trilogie Stoneheart de Charlie Fletcher, ou encore dans des bandes dessinées liées à John Constantine. Ces récits renforcent l’idée qu’elle est le « cœur battant » ou un point névralgique magique de Londres.
La malédiction du Brexit
La Pierre de Londres a été déplacée temporairement en mai 2016. Ce déplacement précéda de peu le référendum sur le Brexit, donnant naissance à la légende contemporaine de la « malédiction du Brexit », selon laquelle le départ du Royaume-Uni de l’Union européenne serait lié à cet acte de profanation symbolique. Cette malédiction est parfois évoquée pour expliquer des perturbations politiques, économiques et sociales affectant le pays depuis lors.
D’autres pierres anciennes à Londres
Outre la London Stone, d’autres pierres anciennes et chargées de symbolisme existent sur le territoire londonien et ses environs. Parmi celles-ci, la Weald Stone à Harrow et la Pierre du Roi à Kingston, qui selon la tradition aurait servi lors de l’intronisation de plusieurs rois saxons entre 900 et 979 après J.-C.
Enfin, une autre relique romaine avec une inscription latine dédiée à un riche banquier de l’époque témoigne de la présence antique dans la région londonienne, bien que moins connue et moins liée aux légendes populaires.