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En 186 av. J.-C., l’État romain ordonne une répression sévère contre les mystérieuses cérémonies nocturnes du culte de Bacchus, ou Bacchanalia, accusées d’excès et de complots menaçant la République.

Selon les témoignages anciens, notamment celui de l’historien Livy, jusqu’à 7 000 hommes et femmes issus de toutes classes, y compris d’esclaves, furent menacés de mort pour leur participation à ces fêtes secrètes alliant ivresse, orgies, perversions sexuelles, empoisonnements, faux témoignages, sacrifices humains et conspirations politiques.

Le culte, fortement influencé par la tradition grecque autour de Dionysos (équivalent de Bacchus), s’était développé dans la région sud de l’Italie et suscitait l’alarme de la classe sénatoriale romaine, inquiète de ses aspects égalitaires et subversifs.

Le Sénat publia alors le Senatus consultum de Bacchanalibus, un décret brisé sur une plaque de bronze toujours conservée, qui interdit formellement:

  • La possession de lieux de célébration Bacchanale sans autorisation sénatoriale.
  • La participation au culte sans autorisation explicite, y compris chez les citoyens romains et leurs alliés.
  • La nomination de prêtres, d’officiers ou toute organisation autonome du culte.
  • Les rassemblements de plus de cinq personnes pratiquant des rites sans approbation.

De plus, les contrevenants encouraient la peine capitale. Pour les hommes, les exécutions publiques, probablement par décapitation, étaient courantes, tandis que les femmes furent confiées à leurs familles pour des punitions privées. Nombreux furent ceux qui choisirent le suicide pour échapper à la justice.

Le témoignage d’Hispala Faecenia, courtisane et ancienne initiée, détailla la dérive des Bacchanalia vers la débauche: rites nocturnes, pollution sexuelle y compris entre hommes, sacrifices de dissidents, et une amplification mensuelle des cérémonies, qui attiraient même des membres de la noblesse.

Situé sur la colline de l’Aventin, ce culte avait notamment des adeptes parmi les jeunes, les plébéiens, les femmes, les personnes homosexuelles et certains nobles, formant presque un « second État » clandestin.

Cette affaire monumentale suscita une large enquête, l’encouragement aux dénonciations et contribua à éliminer définitivement ce culte perçu comme un péril pour la stabilité politique romaine.

Par la suite, le souvenir des excès des Bacchanalia fut utilisé pour discréditer d’autres mouvements, notamment les premiers chrétiens, accusés à leur tour de pratiques secrètes et immorales.

Plus tard, durant la guerre civile, Marc Antoine s’identifia ouvertement à Dionysos, adoptant l’image de « Nouveau Dionysos » pour légitimer son pouvoir, ce qui fut critiqué comme une trahison des valeurs romaines par Octave.

Enfin, il est notable que les Romains menèrent aussi des persécutions contre d’autres cultes considérés comme menaçants, comme celui des druides celtes, citant parfois des motifs moraux tout en pratiquant eux-mêmes des spectacles violents comme les combats de gladiateurs.

Sources : paranormaldailynews