La Reine du Miroir est une figure issue d’une réinterprétation moderne des contes de fées traditionnels, intégrant des éléments reconnaissables de plusieurs histoires classiques du folklore européen, en particulier celles des frères Grimm. Ce personnage folkloresque est une création qui emprunte et mélange des motifs connus, créant ainsi une nouvelle narration tout en s’inscrivant dans la lignée des contes originaux.
Plusieurs contes apparaissent dans son univers, notamment :
- Le Petit Chaperon Rouge (ATU 333) : La représentation du loup en tant que loup-garou et symbole des désirs masculins carnassiers, avec un rappel de la célèbre scène où la petite fille remarque que le loup se fait passer pour sa grand-mère.
- Hansel et Gretel (ATU 327A) : Renommés Hans et Greta, leur fuite est sabotée par des corbeaux qui éliminent leurs traces, avec un passage où la sorcière joue un rôle central.
- Raiponce (ATU 310) : La Reine du Miroir elle-même rappelle Raiponce, enfermée dans une tour pour échapper à la peste, avec ses longs cheveux comme un symbole de son isolement et de son sort tragique.
- Le Bonhomme en Pain d’Épice (ATU 2025) : Un enchantement effrayant vole les traits d’une fillette pour créer un bonhomme en pain d’épice vivant, mêlant magie noire et horreur grotesque.
- La Belle au Bois Dormant (ATU 410) : La thématique de la jeune fille endormie par une piqûre de fuseau revient, mais la passivité féminine y est critiquée, soulignant la dépendance à un sauveur masculin.
- Cendrillon (ATU 510A) : Les célèbres souliers de verre sont présents comme motif des filles plongées dans un sommeil magique.
- Blanche-Neige (ATU 710) : La célèbre reine jalouse, le miroir magique, la pomme empoisonnée et le sommeil enchanté sont des éléments repris et transformés dans cette narration.
Les femmes dans les contes de fées sont souvent présentées sous un prisme sexiste, avec une valorisation de la beauté et une passivité imposée aux héroïnes, qui attendent un homme pour les délivrer. La Reine du Miroir, bien qu’antagoniste puissante, illustre aussi cette dépendance aux figures masculines. Les histoires mêlent souvent beautés et vilenies selon des normes esthétiques, où la laideur symbolise le mal.
La création de la Reine du Miroir invite à réfléchir à la façon dont les récits populaires évoluent par le folkloresque : une fusion consciente de traditions folkloriques et de nouvelles créations. Ce procédé, s’il enrichit les histoires, peut aussi brouiller la distinction entre vérité historique du folklore et fiction moderne.
En définitive, cette figure singulière incarne une relecture complexe et sombre des contes traditionnels, soulignant les aspects parfois problématiques de ces récits et leur transformation continue au fil du temps, tout en captivant par sa profondeur et son interconnexion avec les mythes connus.