À Georgetown, Washington D.C., bien avant que la célèbre Maison de l’Exorciste ne devienne un lieu de tournage emblématique en 1973, le terrain accueillait Prospect Cottage, demeure d’E.D.E.N. Southworth, une écrivaine prolifique du XIXe siècle.
Emma Dorothy Eliza Nevitte Southworth (1819-1899), connue sous le nom d’E.D.E.N., fut une auteure célèbre de plus de 60 romans, activement engagée dans les droits des femmes et les changements sociaux. Elle vécut dans cette maison durant la guerre civile américaine, offrant même son domicile en soin temporaire à des soldats blessés.
Prospect Cottage, de style Carpenter Gothic avec ses décorations en forme de glaçons sur le toit, était située juste à côté des fameuses « Exorcist Steps ». C’était une maison historique que les habitants et visiteurs admiraient, même après avoir été convertie en salon de crème glacée populaire au début du XXe siècle.
Des témoignages d’époque racontent que le lieu était le théâtre de manifestations étranges et de présences fantomatiques attribuées à E.D.E.N. Southworth elle-même. Selon une anecdote rapportée en 1905, un marchand italien installant son chariot devant la maison aurait été abordé par une apparition d’E.D.E.N. sortant du jardin, ce qui le fit fuir précipitamment, abandonnant ses affaires.
De nombreuses personnes fréquentant le salon de crème glacée ont également affirmé voir la silhouette d’E.D.E.N. marchant sur la véranda ou la contemplant depuis une fenêtre la nuit. Ses apparitions étaient perçues comme bénéfiques et non menaçantes, dialoguant même avec certains visiteurs, laissant penser à une présence amicale cherchant la compagnie humaine.
Après la démolition de Prospect Cottage en 1942 et la construction ultérieure de la nouvelle maison qui servit de décor pour le film L’Exorciste en 1973, les observations de cette apparition fantomatique se sont éteintes. Ce silence peut suggérer que l’esprit d’E.D.E.N. a choisi de quitter les lieux une fois sa demeure ancestrale disparue.
Ainsi, derrière la sinistre réputation du lieu liée au célèbre film, une histoire plus douce se dessine, celle d’un fantôme littéraire attaché à sa maison et dont la présence continuait à vivre à travers la mémoire des habitants et visiteurs.