Netflix a lancé le 21 octobre 2022 une nouvelle série de téléréalité paranormale intitulée 28 Days Haunted, qui se base sur une théorie attribuée à Ed et Lorraine Warren selon laquelle il faudrait environ 28 jours pour percer le voile vers l’autre monde. Trois équipes s’installent chacune dans un lieu réputé hanté pour cette période.
Un format rafraîchissant mais perfectible
Contrairement aux émissions habituelles de chasseurs de fantômes, la série propose un format différent, évitant les clichés habituels. Les six épisodes de 30 à 40 minutes montrent des investigations qui, malgré quelques maladresses dans le montage et des moments de mise en scène parfois gênants, apportent une touche nouvelle au genre. La diversité des lieux visités, loin des lieux surmédiatisés comme Waverly Hills, est un atout apprécié.
Un casting à renouveler et à diversifier
La série souffre toutefois d’un manque flagrant de diversité, tant au niveau des genres que des origines ethniques et des approches spirituelles. Seules deux femmes apparaissent parmi les équipes, cantonnées aux rôles de médiums, tandis que la plupart des membres sont des hommes blancs, avec une dominante chrétienne dans l’investigation. Cette homogénéité restrictive est considérée comme un frein à une vision élargie du paranormal, la multiplicité des perspectives et des croyances étant pourtant une richesse reconnue dans la communauté paranormale.
Les dynamiques internes et les tensions
Un épisode a mis en lumière des tensions au sein de l’équipe du Colorado, notamment autour du refus d’une médium de pratiquer une méthode jugée inconfortable. L’émission semble montrer ces situations amplifiées par le montage, avec parfois une dévalorisation des femmes au profit de leurs dons médiumniques uniquement, ce qui a suscité des critiques.
Questions autour de la théorie des 28 jours et des méthodes
La théorie centrale – que 28 jours sont nécessaires pour lever le voile sur l’au-delà – est controversée. Aucune source antérieure à 2022 ne la rattache clairement aux Warrens, et plusieurs aspects restent flous : type de hantise concerné, impact de la composition de l’équipe, ou encore rôle de la connaissance historique du lieu. En outre, la série est parfois critiquée pour sa tendance à provoquer les esprits, méthode contestée par certains enquêteurs plus empathiques.
Une représentation fraternelle des esprits
Une des équipes traite les esprits comme des entités hostiles à craindre, tandis qu’une autre montre plus de compassion, évitant de les diaboliser systématiquement. Ce contraste offre une réflexion intéressante sur la représentation du paranormal à l’écran.
Contenu et storytelling
La série montre peu d’heures d’enquête par rapport au temps total passé sur site (quelques heures visibles sur plus de 2 000 heures d’investigation), donnant une impression de sensationnalisme, sans montrer les périodes d’inactivité qui sont pourtant habituelles sur le terrain.
Moments marquants et nouveautés
Parmi les instants appréciés figurent des discussions ouvertes sur le symbolisme du pentagramme avec une nuance rarement vue à la télévision grand public, ou des scènes où les enquêteurs se reprochent mutuellement certains phénomènes observés, brisant le tabou du héros infaillible. La série met aussi en lumière les défauts et hésitations des participants, évitant un portrait idéalisé.
Perspectives d’avenir
Pour une saison suivante, il est suggéré d’augmenter la diversité du casting, de proposer des épisodes plus longs, d’inclure davantage de moments statiques sans activité, de varier la composition des équipes, et d’intégrer un historien pour apporter un regard neutre et éclairé, sans influencer la démarche des enquêteurs.
28 Days Haunted est ainsi une tentative audacieuse qui recueille un accueil mitigé mais encourageant, posant les bases d’une évolution dans le paysage des émissions paranormales qui restent souvent figées dans les mêmes formats et stéréotypes. Cette production invite à repenser la manière de montrer le paranormal à la télévision, en espérant une ouverture plus large aux différentes approches et communautés qui le composent.